Voici les derniers commentaires sur les marchés de placements de nos gestionnaires de portefeuille et de l'équipe des placements Louisbourg pour le troisième trimestre de 2019.


Le marché des actions

Analysts Red with LogoLes actions ont connu un autre trimestre positif, ajoutant à leurs gains de la première moitié d’année. Toutefois, la confiance des investisseurs continue d’être mise à l’épreuve par les tensions commerciales et les signes d’un ralentissement de la croissance économique mondiale. Malgré la persistance des inquiétudes d’une récession, l’économie demeure résiliente, soutenue par les actions stimulatrices des banques centrales. Les principaux marchés des actions ont généré de bons rendements durant le trimestre, mené par les États-Unis, suivi du Canada. Les actions internationales (EAEO) n’ont pas connu une aussi bonne période avec un rendement plus faible, mais tout de même positif.

Après une forte hausse en première moitié d’année, les actions canadiennes ont poursuivi sur cette lancée au troisième trimestre avec un rendement de 2,5 %. L’ampleur de l’activité a été forte, 9 des 11 secteurs ayant affiché des gains au cours du trimestre. Les secteurs sensibles aux taux d’intérêt ont offert des rendements anormalement élevés, menés par les services publics (+10 %) et l’immobilier (+9 %). La consommation de base (+6 %) et les services financiers (+5 %) ont également affiché des rendements remarquables. Les secteurs de la santé (-30 %) et des produits industriels (-1 %) ont été les plus faibles, tandis que les secteurs de l’énergie (+1 %) et des matériaux (0 %) ont contribué que très peu. La ventilation du rendement par secteur démontre que les investisseurs ont adopté une attitude plus défensive à l’égard des actions.

Malgré l’absence d’importants progrès dans les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine et la faiblesse connexe des indicateurs économiques, l’indice S&P 500 a poursuivi sa croissance, affichant un rendement de 1,7 % en dollars américains. Le marché espérait (et espère toujours) que les mesures de stimulation monétaire aideront à compenser ces facteurs et la Réserve fédérale n’a pas déçu puisqu’elle a réduit les taux d’intérêt à deux reprises, soutenant ainsi l’évaluation des actions. Le huard s’est légèrement affaibli, ce qui a entraîné un rendement de 3,0 % pour les investisseurs canadiens. La vigueur du marché a été dominée par les secteurs sensibles aux taux d’intérêt, les services publics (+9 %), l’immobilier (+8 %) et les produits de consommation courante (+6 %) étant les principaux moteurs de l’indice. Le secteur de l’énergie (-6 %) fut le plus grand retardataire, les préoccupations liées à la croissance mondiale continuant d’exercer une pression sur le prix du pétrole, tout comme le secteur des soins de santé (-2 %), qui a continué d’offrir un rendement inférieur malgré sa nature défensive puisque les investisseurs sont de plus en plus préoccupés par les répercussions d’une administration démocrate en 2020.     

Après avoir connu une vigoureuse première moitié d’année, les actions EAEO se sont maintenues dans une fourchette ce trimestre, l’indice MSCI ayant terminé le trimestre en hausse de 0,2 % en dollars canadiens. Les thèmes sont essentiellement les mêmes que ceux des trimestres précédents, notamment des données macro-économiques léthargiques, l’incertitude à l’égard du Brexit en raison de l’arrivée du nouveau premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, et la poursuite des discussions entre les États-Unis  et  la Chine alors que  les négociations  piétinent.  Même si le marché a généralement bien accueilli la décision de la Banque centrale européenne d’adopter d’autres mesures de stimulation monétaire, l’attention s’est rapidement retournée vers le ralentissement de la croissance économique, les secteurs défensifs suscitant de nouveau l’intérêt. Avantagés par les taux d’intérêt plus faibles, des secteurs comme les soins de santé (+4 %), les services publics (+4 %) et la consommation de base (+3 %) ont dominé l’indice. À l’inverse, les préoccupations liées à la croissance mondiale ont exercé des pressions sur les prix des produits de base, ce qui a entraîné un rendement inférieur à l’indice dans les secteurs de l’énergie (-5 %) et des matériaux (-4 %). Le dollar canadien s’est généralement raffermi par rapport aux autres grandes devises de l’indice, ce qui a eu une incidence négative sur le rendement.

À la fin de l’année 2018, nous avons vécu une baisse prononcée des marchés des actions, en réaction à la crainte que la hausse des taux d’intérêt mènerait à une récession. La reprise des marchés en 2019 est un signal que les investisseurs croient qu’avec le soutien de la Réserve fédérale qui assouplit sa politique monétaire, le cycle économique actuel peut être prolongé. D’un point de vue historique et considérant les taux d’intérêt actuels, la valorisation des actions demeure raisonnable mais nous sommes conscients que nous sommes dans un contexte de croissance plus lente avec l’incertitude additionnelle provoquée par les tensions commerciales. Nous croyons aussi qu’à l’approche de l’élection présidentielle de 2020 aux États-Unis, M. Trump aura intérêt à ce qu’il y ait du progrès dans les négociations commerciales. Nous maintenons une surpondération en actions mais nous croyons qu’il est important de favoriser des modèles d’affaires plus défensifs et des bilans financiers solides.

Le marché obligataire

Les marchés des titres à revenu fixe ont repris l’air connu des avertissements à l’égard d’un ralentissement mondial, d’un risque de récession et de la nécessité d’une intervention des banques centrales. Par contre, cette fois-ci, le facteur responsable de la détérioration des perspectives est un peu différent, car les taux d’intérêt sont déjà faibles et les entreprises profitent déjà des mesures de compression des dépenses et de réduction d’impôt, ainsi que de la faiblesse des taux de financement. Contrairement aux ralentissements antérieurs, le principal facteur d’influence du trimestre fut l’incidence négative de l’intensification des conflits commerciaux et des risques géopolitiques qui a refroidi la confiance des entreprises et des investisseurs. Par conséquent, les banques centrales ont peu d’options quant aux mesures futures qu’elles peuvent prendre pour faire face au ralentissement économique et à l’instabilité. Malgré tout, les banques centrales ont fait front commun en assouplissant les conditions monétaires par des réductions du taux du financement à un jour et la réintroduction, au cours du trimestre, de l’assouplissement quantitatif. Les actifs à revenu fixe ont connu une forte remontée au cours du mois d’août. Le marché a commencé à établir des prix tenant compte des mesures supplémentaires prises par les banques centrales, alors que le rendement des obligations canadiennes à 30 ans atteignait un creux record de 1,298 % le 15 août. Depuis ce temps, le marché se montre de plus en plus volatil, car il est davantage influencé par les risques liés au commerce et aux événements, y compris la spéculation entourant les mesures futures qui seront prises par les banques centrales, plutôt que les facteurs économiques fondamentaux. Un symptôme de certains problèmes causés par la dépendance accrue aux politiques des banques centrales s’est manifesté en septembre sur le marché américain des opérations de prise en pension. Ce dernier soutient une grande partie des emprunts et des prêts à court terme effectués par les institutions financières pour gérer leurs flux de trésorerie quotidiens et il est essentiel au bon fonctionnement du système financier, des billions de dollars étant échangés chaque jour. À la mi-septembre, le fonctionnement du marché américain des opérations de prise en pension s’est déstabilisé, et les taux ont atteint des niveaux insoutenables qui ont exigé un financement de la Réserve fédérale de New York. Bien que les principaux responsables de cet événement aient été des facteurs techniques, la Réserve fédérale devra continuer de soutenir ce marché jusqu’à ce qu’une solution à plus long terme soit trouvée. 

Au cours du trimestre, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 1,75 %, l’inflation de base étant demeurée près de la cible à 2,1 % (septembre), et le marché de l’habitation s’est nettement redressé, ce qui a réduit la probabilité d’une réduction des taux au Canada à court terme. Le taux de chômage demeure stable à 5,5 %, tandis que la croissance du PIB au Canada devrait ralentir à 1,5 % en 2019 alors que les problèmes liés aux produits de base et au commerce se feront sentir sur la croissance. Par contre, les États-Unis ont déjà essentiellement mis fin à leur plus récent resserrement de la politique au moyen de deux réductions consécutives des taux, y compris une réduction de 25 points de base en juillet et une autre réduction de 25 points de base en septembre, avec un taux cible des fonds fédéraux actuellement de 1,75 à 2,0 %. Aux États Unis, le chômage demeure à son plus bas niveau, soit 3,5 %, et la croissance du PIB devrait atteindre 2,3 % cette année. Au cours du trimestre, la courbe du rendement au Canada s’est déformée, les obligations à court terme ayant terminé en hausse, alors que le rendement des obligations à long terme terminait avec une baisse par rapport au trimestre précédent.  Un tel comportement est inhabituel puisque la force de l’inflation et des données économiques ont maintenu les taux plus élevés que la baisse des perspectives exprimée par la baisse des rendements obligataires à long terme. Au cours de la période, les rendements des obligations canadiennes à deux ans ont augmenté de 11 points de base pour s’établir à 1,58 %, tandis que les rendements à cinq ans sont demeurés inchangés à 1,39 %. Les taux de rendement des obligations à 10 ans du gouvernement du Canada ont reculé de 10 points de base pour s’établir à 1,36 %, tandis que les obligations à 30 ans ont perdu 15 points de base pour s’établir à 1,53 %.