Voici les commentaires de notre équile d'investissement sur les conditions des marchés à la clôture de l'année 2019.

LBI Facebook Link Post 8Le marché des actions

Les investisseurs en actions ont été récompensés au cours de la dernière année. Le sentiment de crainte en début d’année par rapport au ralentissement de la croissance économique mondiale et aux tensions commerciales s’est dissipé rapidement et l’optimisme des investisseurs s’est maintenu tout au long de l’année. Plutôt que de s’inquiéter de la relation entre les États-Unis et la Chine, les participants au marché ont choisi de mettre leur attention sur une nouvelle accélération potentielle de la croissance mondiale et l’assouplissement des politiques monétaires. Le résultat fut de solides rendements avec une volatilité modérée. Les marchés boursiers principaux ont tous enregistré de bons résultats au cours du trimestre et pour toute l’année. Les actions américaines se sont démarquées pour les deux périodes.

Les actions canadiennes ont connu une excellente année, tous les trimestres ayant produit des rendements positifs. Le dernier trimestre de l’année n’a pas fait exception avec un rendement de 3,2 %, ce qui a porté le rendement annuel de l’indice composé S&P/TSX à 22,9 %. Il s’agit de la meilleure année civile depuis 2009. La catégorie d’actifs a profité d’un cadre macroéconomique généralement positif pour les actions, mais aussi de l’amélioration des prix de l’énergie. L’ampleur des rendements a été forte, 7 des 11 secteurs ayant affiché des gains au cours du trimestre. Le secteur de la technologie (+11 %) a mené le bal, suivi de près par les secteurs des matériaux (+8 %), de l’énergie (+7 %) et des produits industriels (+5 %). Les soins de santé (-6 %) et la consommation de base (-4 %) ont été les secteurs les plus faibles. Pour l’année, un seul secteur fut négatif (les soins de santé, -11 %). Les dix autres secteurs ont offert des rendements variant de +13 % à 65 %. Il est intéressant de noter que les deux meilleurs secteurs, la technologie (+65 %) et les services publics (+37 %), n’avaient à peu près rien en commun.

Aux États-Unis, cette année a souligné l’importance d’avoir une vision à long terme à l’égard des actions. Le piètre rendement du dernier trimestre de 2018 a été suivi d’un excellent rendement en 2019. Les actions américaines ont bien rebondi, terminant en hausse de 31,5 % en dollars américains et le quatrième trimestre n’a pas fait exception, l’indice ayant augmenté de 9,1 %, ce qui s’est traduit par un rendement de 6,8 % en dollars canadiens en raison du renforcement du huard. La confiance des investisseurs s’est renforcée après qu’un accord commercial de « phase 1 » soit intervenu entre les États-Unis et la Chine, ce qui a freiné les hausses tarifaires proposées par le président Trump. Alors que le marché retrouvait confiance dans la reprise de la croissance de l’économie mondiale en 2020, nous avons constaté une nette rotation vers des titres plus cycliques. Le secteur des technologies de l’information (+14 %) a de nouveau entraîné l’indice à la hausse en produisant le meilleur rendement sectoriel de l’indice. Nous avons également constaté la vigueur des secteurs des services financiers (+11 %) et des communications (+9 %), ce dernier étant stimulé par des titres de « croissance », tels que Netflix et Facebook. Les secteurs que nous considérons comme des instruments obligataires, notamment l’immobilier (-1 %), les services publics (+1 %) et les produits de consommation de base (+4 %), ont tous produit des rendements inférieurs à l’indice. La principale exception ce trimestre fut le secteur des soins de santé (+14 %), qui a offert un rendement assez solide puisque les annonces attendues de l’administration Trump ont eu une incidence moins percutante que ce l’on craignait.

Les actions internationales ont bien rebondi, terminant l’année en hausse de plus de 15 % en dollars canadiens. Le quatrième trimestre n’a pas fait exception, l’indice ayant augmenté de 5,9 %. En plus d’une diminution des tensions commerciales, les actions ont également bien réagi à la victoire de Boris Johnson, qui a remporté un gouvernement majoritaire au Royaume-Uni. Cette élection a redonné au marché la confiance dont il avait grandement besoin à l’égard de la conclusion possible d’un accord commercial avec l’Union européenne, évitant ainsi un Brexit difficile. Nous avons constaté une rotation similaire vers des titres plus cycliques sur les marchés internationaux. Les technologies de l’information (+10 %), les matériaux (+8 %), les produits industriels (+8 %) et la consommation discrétionnaire (+7 %) ont tous surpassé l’indice. Au contraire, les produits de consommation de base (0 %), l’immobilier (+2 %), les services de communication (+3 %) et les services publics (+3 %) ont tous été à la traîne. Les seules exceptions ce trimestre ont été le secteur des soins santé (+10 %), qui fut l’un des plus solides, et le secteur de l’énergie (+2 %), qui n’a pas suivi le rythme de l’indice malgré une forte remontée du prix du pétrole.

La confiance des investisseurs en actions a peut-être été ébranlée en 2018 mais les rendements solides de 2019 ont rehaussé l’optimisme sur l’ensemble des marchés financiers. Que nous réserve 2020? Maintenant que la Réserve fédérale a diminué son taux directeur à plusieurs reprises en 2019, nous croyons que les conditions requises pour prolonger l’expansion du cycle économique sont en place. Bien que la croissance économique ne soit pas aussi robuste qu’auparavant, elle semble vouloir demeurer positive tant que l’inflation demeure sous contrôle. Il s’agit d’un environnement positif pour les actions. Notre enthousiasme est tout de même modéré par le fait que nous semblons être plus près de la fin du cycle expansionniste, et l’incertitude liée au commerce mondial et aux résultats électoraux, notamment aux États-Unis. Nous maintenons une légère surpondération dans les actions mais nous croyons qu’il est important de favoriser des modèles d’affaires plus défensifs et des bilans financiers solides.

Le marché obligataire

Le dernier trimestre de 2019 a clôturé l’année avec des marchés obligataires relativement faibles, les taux obligataires ayant atteint leurs niveaux les plus élevés des six derniers mois. L’atténuation des conséquences possibles de plusieurs risques d’incident qui ont fait les manchettes en 2019 a soutenu les perspectives économiques. Plus particulièrement, un accord de principe de « phase 1 » a été conclu entre les États-Unis et la Chine et le Brexit s’est précisé. Bien que les détails de la « phase 1 » de l’accord commercial conclu entre les États-Unis et la Chine n’aient pas été finalisés (ils sont attendus au premier trimestre 2020), cet accord de principe marque un important revirement par rapport au contexte de risques croissants de guerre commerciale, un thème qui a dominé les manchettes et les perspectives économiques pendant toute l’année 2019. En outre, les banques centrales ont de plus en plus accepté l’assouplissement de la politique monétaire à l’échelle mondiale et le soutien accru de politiques fiscales visant à stimuler la croissance et à atteindre les cibles d’inflation. Pendant l’année, la Réserve fédérale américaine a rapidement réagi aux craintes entourant un ralentissement de la croissance en procédant à trois baisses de taux consécutives de 25 points de base, la plus récente étant celle d’octobre 2019 qui a amené son taux directeur entre 1,50 et 1,75 %. Le Canada n’a pas bougé de l’année, étant l’une des seules banques centrales à ne pas avoir assoupli ses taux en conservant un taux de financement à un jour de 1,75 %. Les mesures d’assouplissement prises par la Réserve fédérale américaine afin de soutenir les liquidités et la croissance seront un aspect important des perspectives économiques de 2020 dans le cadre d’un effort visant à contrer les répercussions de l’affaiblissement des données économiques et à stimuler la croissance.

L’extrémité avant de la courbe de rendement au Canada et aux États-Unis demeure bien ancrée (faibles rendements pendant plus longtemps), car les banques centrales des deux pays demeurent en attente, tout en ayant une souplesse accrue pour agir rapidement dans l’éventualité d’une nouvelle faiblesse des données économiques. Les effets résiduels des baisses de taux réalisées par les banques centrales en 2019 devraient soutenir les perspectives économiques pendant la première moitié de 2020, bien que l’importance des répercussions des récents conflits commerciaux sur la confiance des entreprises reste à déterminer. Le voile d’incertitude engendré par l’ampleur et la gravité de ces conflits commerciaux continuera d’influencer les résultats économiques avec un effet décalé pendant la seconde moitié de 2020. Plus important encore, l’incertitude à l’égard de la confiance des entreprises pourrait avoir une incidence directe sur lesfacteurs fondamentaux de la croissance, notamment l’investissement direct dans les avoirs productifs de revenus pourrait entraîner un affaiblissement de la confiance et des dépenses des consommateurs.

Au cours du trimestre, l’inflation canadienne est demeurée près de la cible à 2,2 % sur douze mois, tandis que le secteur de l’habitation est demeuré solide en enregistrant des gains intéressants dans les principaux marchés. Le taux de chômage a légèrement fléchi à 5,6 % en décembre, tandis que la croissance du PIB au Canada, publiée en octobre, a ralenti plus que prévu à 1,2 % d’une année à l’autre, et fut négative pour le mois avec -0,1 % d’un mois à l’autre. Dans l’ensemble, la croissance du PIB au Canada devrait ralentir à 1,6 % en 2019, puis passer à 1,8 % en 2020 tandis que la croissance aux États-Unis devrait être de 2,3 % en 2019 et s’affaiblir pour atteindre 1,8 % en 2020. Les marchés du travail aux États-Unis demeurent serrés, comme en témoigne un taux de chômage se rapprochant du plus bas niveau en cinquante ans de 3,5 %, ce qui devrait contribuer à soutenir la confiance des consommateurs dans une certaine mesure, car les mises à pied liées à la baisse de la confiance des entreprises ne se sont pas encore concrétisées. L’inversion de la courbe du rendement au Canada est revenue à une courbe plus plate, légèrement positive, à mesure que la confiance s’améliorait et que les rendements augmentaient. Au cours du trimestre, le rendement des obligations du Canada à deux ans a augmenté de 12 points de base pour atteindre 1,69 %, tandis que le rendement des obligations à cinq ans augmentait de 29 points de base pour atteindre 1,68 %. Le rendement des obligations du Canada à dix ans a augmenté de 34 points de base pour atteindre 1,70 %, tandis que les obligations à trente ans augmentaient de 23 points de base pour atteindre 1,76 %.