Le marché des actions

Dans un scénario similaire au trimestre précédent, les investisseurs ont réalisé des gains avec leurs placements en actions sans trop de volatilité. Ce phénomène peut se poursuivre tant que les bénéfices des entreprises continuent de progresser de pair avec les prix des actions, et que la banque centrale maintient son approche graduelle au resserrement de la politique monétaire. Les principales classes d’actif en actions ont bien performé dans leurs devises locales. Toutefois, ces gains étaient moindres lorsqu’on tient compte du taux de change, puisque le dollar canadien s’est apprécié par rapport aux devises étrangères.

Les actions canadiennes ont enregistré un rendement de 3,7 % au cours du trimestre après avoir fait du sur place au cours de la première moitié de l’année. Grâce à la remontée du prix du brut, le secteur volatil de l’énergie est celui qui a enregistré le meilleur rendement (+6,6 %). Au total, sept des onze secteurs ont réalisé des rendements positifs. Celui des services financiers (+4,5 %) avec son poids important sur l’indice, a offert une contribution notable, alors que les inquiétudes des investisseurs par rapport au crédit personnel et commercial au Canada se sont dissipées. Le secteur de la consommation discrétionnaire (+4,7 %) a aussi connu un bon trimestre. Les soins de santé (-10,2 %) et la consommation de base (-2,7 %) sont les deux secteurs de l’indice composé S&P/TSX avec les pires rendements ce trimestre.

La séquence positive de l’indice S&P 500 s’est poursuivi, réalisant des gains pour un 8e trimestre consécutif, avec un rendement de 4,5 % en dollars américains. Encore une fois, la force de la devise canadienne a limité le rendement à 0,6 % en dollars canadiens. Malgré le ralentissement typique de la période estivale, le marché a poursuivi son ascension avec peu de volatilité. Les indicateurs économiques sont positifs et les investisseurs sont prêts à payer pour de la croissance. Ces tendances sont en place depuis le début de l’année. En fait, les actions à grande capitalisation de type croissance ont généré un rendement supérieur de 1,280 points de base par rapport aux actions à grande capitalisation de type valeur depuis le début de l’année. À l’approche des annonces des résultats pour le troisième trimestre, le consensus des analystes prévoit une croissance des bénéfices de 4,2 %, ce qui est plus bas que les résultats observés en première moitié d’année, mais tout de même positif. Du point de vue sectoriel, dix des onze secteurs ont généré des rendements positifs, menés par les secteurs de la technologie (+8,6 %), de l’énergie (+6,8 %), des télécommunications (+6,8 %), des matières premières (+6,0 %) et des services financiers (+5,2 %). Le secteur de la consommation de base (-1,3 %) est le seul ayant connu un rendement négatif.

Malgré d’un gain plus modeste par rapport aux quelques trimestres précédents, étant donné la force du huard, ce fut un autre trimestre positif pour les actions internationales qui ont enregistré un rendement de 1,50 % en dollars canadiens. Nous avons vu une amélioration continue de la plupart des indicateurs économiques dans la zone Euro et au Japon, et les données suggérant une forte demande pour les matières premières sous-entend une relance économique qui se poursuit. Les pays européens ont encore une fois menée la charge au cours du trimestre, aidé par la force de l’Euro par rapport à la devise canadienne. Ceci s’explique par la possibilité que la Banque centrale

européenne pourrait resserrer ses mesures stimulatrices. En termes de rendement, la France (+4 %) et l’Allemagne (+4 %) se retrouve en haut de la liste alors que le Royaume-Uni (0 %) et la Suisse (-1 %) ont trainé de la patte puisque leurs devises se sont dépréciées de 1 % et 5 % respectivement par rapport au dollar canadien. C’est une histoire similaire dans la région de l’Asie-Pacifique. Le changement de valeur des devises est aussi derrière le rendement de 0 % en dollars canadiens de l’Australie et du Japon, puisque leurs devises se sont dépréciées de 2 % et 4 % respectivement face au huard. Sur une base sectorielle, les signes de relance économique ont amené les secteurs sensibles à l’économie à connaître les meilleurs rendements, menés par l’énergie (9 %), les matières premières (7 %), la technologie (5 %), la consommation discrétionnaire (3 %) et les produits industriels (2 %), qui ont tous surperformé l’indice de référence. De l’autre côté, les secteurs plus défensifs n’ont pas eu la cote. La consommation de base (-3 %), les soins de santé (-3 %) et les télécommunications (-2 %) ont tous affichés des rendements inférieurs à l’indice de référence.

Les actions continuent d’offrir de bons rendements. Les économies développées progressent bien ce qui résultent en une amélioration des bénéfices des sociétés. Les multiples d’évaluations sont raisonnables et les conditions actuelles laissent présager un environnement positif pour les actions. Nous tenons compte tout de même de la politique monétaire qui se resserre à un moment où la volatilité des marchés boursiers est inhabituellement faible. Dans un environnement de taux d’intérêt à la hausse, nous sommes sous-pondérés de façon générale aux secteurs sensibles aux taux d’intérêt, dans toute nos stratégies de placements en actions. Nous continuons de favoriser les actions par rapport aux obligations dans nos mandats équilibrés.

Le marché obligataire

L’économie canadienne a livré des résultats exceptionnels ce trimestre avec une croissance économique qui a surpassé de beaucoup les attentes. Les données canadiennes du deuxième trimestre, publiées au troisième trimestre, étaient impressionnantes. D’abord, il y a eu cette croissance du PIB de 4,5 % par rapport à l’an dernier, ce qui est bien au-delà de la moyenne. En juillet, la croissance du PIB sur douze mois était d’un solide 3,8 %. Parmi les autres résultats, il y avait la hausse des salaires de 2 % par rapport à l’année dernière et une diminution du taux de chômage qui affichait 6,2 %. Les pressions inflationnistes continuent d’être sous contrôle avec une augmentation de 1,4 % de l’indice des prix à la consommation au mois d’août, sur une période d’un an. Les dépenses des consommateurs sont ce qui se trouvent derrière cette performance économique, menées par de fortes ventes d’automobiles et de biens durables. Le resserrement du marché du travail et la stabilité du prix du pétrole ont également contribué à la confiance des consommateurs. Du même coup, l’augmentation du ratio de dette par rapport au revenu chez les consommateurs explique en partie la croissance des dépenses au cours de la période.

La Banque du Canada a réagi face au niveau de croissance inattendu en augmentant à deux reprises son taux directeur de 25 points de base durant le trimestre. Celui-ci affiche maintenant 1,00 %. Ainsi, la courbe de rendement canadienne a augmenté et elle s’est aplatie puisque le marché anticipe d’autres augmentations de taux. Selon les attentes, une autre augmentation est prévue avant la fin de l’année, portant à trois ou possiblement quatre augmentations du taux directeur cette année, ce qui est très différent de ce qui était attendu en début d’année alors que le ton de la banque centrale était très accommodant. La combinaison de taux d’intérêt plus élevés, un affaiblissement du marché de l’immobilier et un retour à des niveaux moyens de dépenses de consommation devraient ralentir la croissance économique au Canada. Toutefois, les dépenses des gouvernements et des entreprises, de même qu’une croissance mondiale solide devraient aider à maintenir une certaine stabilité pour l’économie.

Au cours du troisième trimestre, le taux de rendement sur les obligations du gouvernement du Canada à 2 ans a augmenté de 42 points de base pour atteindre 1,52%, tandis que le taux de rendement sur les obligations à 5 ans a augmenté de 36 points de base à 1,75 %. Au cours de la même période, le taux de rendement des obligations à 10 ans a augmenté de 34 points de base à 2,10 %, et le taux de rendement des obligations à 30 ans a augmenté de 33 points de base pour se situer à 2,47 %.